24
- 30 Avril : 6 mois |
April 24 - 30: 6 months |
17
- 23 Avril |
April 17 - 23 |
| Le Soleil décline de jour en jour,
il se couche maintenant vers 14h30, et reste très bas sur
l'horizon, même à midi. Il ne parvient plus vraiment
à réchauffer l'atmosphère, et les
températures ne montrent plus ce maximum en milieu
d'après-midi caractéristique des journées
d'été. Dans une dizaine de jours, ils disparaitra du ciel
pour ne se relever que mi-Août. On entrera alors
véritablement dans l'hiver polaire. On nous pose souvent la question, par exemple lors de vidéoconférences, de la journée type à Concordia. Voici un peu à quoi ça ressemble. Le coq ne chante pas pour sonner le signal du réveil, mais celui-ci a lieu vers 7-8h pour la majorité des hivernants. Le petit déjeuner est échelonné entre 7h30 et 8h30. C'est ensuite le démarrage des activités, chacun dans son domaine. Loïc commence à préparer le repas de midi une fois qu'il aura fini le nettoyage de la salle à manger. Omar sort souvent le matin pour faire des prélèvements de neige à environ 1 kilomètre de la base. Eliseo s'habille et va rendre visite aux véhicules dans la tente garage... Chaque deux jours une personne est de ménage et nettoie les salles de bains, toilettes, vide les poubelles et panosse les sols de l'étage des chambres. Pendant ce temps, je dors d'un sommeil profond. Couché vers 4 heures, je me réveille un peu avant midi. Je descends alors d'un pas improbable à la machine à café, croise quelques personnes qui essayent de communiquer avec moi et récoltent un sourire béat accompagné d'un grognement interrogatif. 12h15 : l'heure du repas sonne, et les affamés généralement conduits par Miguel se ruent vers la table. Une équipe de deux est désignée pour le service quotidien, mettre le couvert et faire la vaisselle midi et soir. Vers 13h-13h30 c'est la reprise des activités. Généralement je sors faire ma visite aux télescope. Il faut dégivrer les optiques, détortiller les cables, réparer un moteur ou ressouder un connecteur : il y a toujours mille choses à faire. Une à deux fois par semaine, c'est à la tour de 30 m que je dois aller, pour m'occuper des expériences qui sont là bas. Une ballade d'un quart d'heure accompagné de qui veut bien s'aérér... et se prendre une bonne onglée sur la tour ! En seconde partie d'après-midi, c'est l'heure du sport. Nous sommes cinq assidus à fréquenter cette salle quasi quotidiennement pour une heure ou deux (voir plus pour certains), et deux ou trois autres y vont de manière plus sporadique. Après le sport, il m'arrive souvent de ressortir pour démarrer les expériences qui fonctionnent de nuit comme le Scidar ou Corona. A ce moment là, le crépuscule est déjà bien sombre, on voit les étoiles à l'oeil nu. Le repas du soir est servi à 19h, certains prennent l'apéro vers 18h45 : l'occasion de se retrouver, de lire les nouvelles, de papoter. Après le repas, c'est une période de détente pour la plupart. Ping-pong, BD, puzzle... la journée est finie. Sauf pour les scientifiques : Lucia sort tous les jours pour lancer son ballon et faire le radiosondage de l'atmosphère (mesure des paramètres météo, pression, température, humidité et vitesse du vent en fonction de l'altitude). Omar sort de temps en temps pour refaire des prélèvements de neige, ou reste dans son laboratoire pour les analyser. Quant à moi je ressors si je dois faire des observations qui nécessitent ma présence au shelter (observations avec corona, mesures sur la Lune comme le week-end dernier, etc...). Sinon je monte dans mon labo et surveille les acquisitions tout en faisant du traitement de données, du mail ou de la technique (réparer un cable, calibrer un capteur pour la tour, changer un codeur de position sur un moteur...). Peu à peu la base se vide, les gens vont se coucher. Parfois après un film dans la salle vidéo équipée d'un vidéoprojecteur offrant une image grand écran. Je me retrouve alors comme le seul occupant de la base silencieuse, tandis que dehors il fait nuit noire. En général je vais au lit vers 1 heure du matin, et je peux continuer à surveiller les expériences depuis mon lit et mon ordinateur portable grâce à la prise réseau installée dans toutes les chambres. Extinction des feux entre 3 et 4 heures... |
The Sun is getting lower and lower every
day, its sets now around 2:30 pm. It remains low over the horizon,
event at noon. It no longer heats the atmosphere, temperature curve do
not show the maximum in mid-afternoon, typical of summer days. Is a
tens of days, it will completely disappear from the sky, until
mid-August. It will be the beginning of the polar winter. We are often asked about how we live at Concordia, for example at videoconferences. Here is a description of a typical day. There is no rooster to sing the waking up, but it happens around 7-8 am for the majority of the winterers. The breakfast is took between 7:30 and 8:30. Then the activities start, everyone in his domain. Loïc begins to prepare the meal, after having cleand the dining room. Omar generally goes outside to take snow samples, 1 km away. Eliseo dress up and goes to the garage for a visit to the vehicles... Every two days, one person is on duty to clean the base : bathrooms, incinolets, trash cans, floors of the room level. During this time, I sleep heavily. Bedtime for me is around 4 am and I wake up just before noon. I then vaguely come downstairs to the coffee machine. People I cross tempt to communicate with me : the answer is generally a happy smile with some inquiring grunt. Speaking facility has not rebooted at this early time. 12:15 is the time for lunch. Hungry people, Miguel usually first, run to the table. Every day a team of two people is in charge of setting the table and doing the washing up for lunch and dinner. Around 1:30 pm the activities start again. For me it's time to do my visit to the telescopes. Every day there are a lot of little things to do : deice th optics, untwist the cables, repair a motor or a connector. Once or twice a week, it's to the 30 m high tower I must go, to check the experiments there. A 15 minutes trip, together with whoever wants some fresh air... and to freeze his fingers on the tower ! Later in the afternoon, it's time for sport. We are five people to use the sport room almost every day for one or two hours (even more for some of us). Two or three go there from time to time. After sport, I go outside again to start the night experiment (such as corona or scidar). At this time, the twilight is quite dark and stars can be seen with the naked eye. Dinner is served at 7:00 pm, but some of us take an aperitif before. It's the occasion to be together, talk or read the news. After dinner, it's relax time for most of us. Ping-pong, cartoons, puzzle : the day is over. Excepted for the scientists. Lucia has to launch her balloon every day after dinner, to perform meteo measurements (pressure, temperature, humidity, wind speed) throughout the atmosphere. Omar goes outside from time to time to collect ice samples, or he stays in his lab to perform snow analysis. I go to the telescope if I have foreseen observations which need my presence there (as for the moon observations of last week). If not, I remain in my lab to watch the acquisitions, while doing other things such as data processing, email writing or technical stuff (repair a cable, calibrate a microthermal sensor, change a position encoder inside a telescope motor...). Little by little, the base is getting empty. People go to bed, sometimes after a movie projection (we have a nice video room with a videoprojector allowing wide screen image). I remain alone, the only awake person in these silent buildings, while it's dark night outside. In general I go to my bed around 1 am, but read a book or play a computer game, still watching my experiments with my laptop (a network connection is available in every room). Working from my bed : that's pretty good life ! Go to sleep between 3 and 4 am. |
10
- 16 Avril : Semaine sainte |
April 10 - 16: Holy week |
| Du vent Une semaine dominée par la présence du vent, avec une journée de tempète Jeudi, le vent à soufflé en rafales jusqu'à 14 m/s. Omar est sorti avec Eliseo faire des prélèvements de neige, il disait qu'on y voyait pas à 5 mètres. Dans la lumière de sa frontale, un mur de neige volante dans toutes les directions. Pour mes expériences, le vent est un problème car il engendre des vibrations. Au delà de 5 m/s, le Scidar devient inutilisable car l'étoile oscille d'un bord à l'autre du champ de l'instrument, diaphragmé par un petit trou. Le DIMM est le plus robuste au vent, il fonctionne correctement jusqu'à 8 m/s environ. Au delà, l'étoile se déplace trop pendant le temps de pose (10 millisecondes) et l'estimation des barycentres est faussée. Une semaine avec assez peu de mesures donc. Pannes Après la journée de tempète, je suis allé faire le compte des pannes et problèmes divers qui ne manquent pas de se produire à l'issue. Je n'ai pas encore bien compris pourquoi, sans doute la malédiction de l'Antarctique. Je n'ai pas été déçu cette fois, je n'ai même jamais rencontré autant de pannes en même temps... 3 moteurs en rade (il faudra changer les codeurs de position), 3 controleurs électroniques chargés du pilotage de la monture, une alim de chercheur (ça ce n'est probablement pas lié à la tempète, mais je m'en suis aperçu Vendredi avec tout le reste), une raquette de commande (pourtant elle n'était pas dehors). Il va falloir du temps pour réparer tout ça... j'ai des pièces détachées de rechange, mais je commence à arriver au bout de mes stocks et on n'est que mi Avril. Sac à papier ! Autres domages collatéraux, dans doute pas liés à la tempète, mais qui viennent ajouter à l'impression désagréable d'ètre sous le coup de quelque malédiction (peut-ètre un mage Vaudou a-t'il réalisé 10 petites poupées des hivernants de Concordia et s'amuse à leur planter des aiguilles ? qui sait...) la radio du camp d'été est en panne (au grand désarroi de Michele), la carte mère du PC de Shaun a grillé et l'écran de mon ordinateur portable a rendu l'âme. C'était un DELL, normalement c'est costaud, mais c'est mon 3e écran DELL qui tombe en panne cette année. Peut-être sont-ils particulièrement sensibles à l'électricité statique ? On se prend des décharges sans arrêt ici. Bord Lunaire Je réalise de temps en temps des observations ponctuelles qui ne sont pas directement liées aux 7 expériences que je pilote ou surveille, comme celle de la lumière cendrée il y a 3 semaines. Cette fois il s'agit d'observer le bord de la Lune avec le télescope du DIMM. La turbulence déforme le bord lunaire, l'analyse de ces déformations permet de remonter à certains paramètres de la turbulence, notamment l'échelle externe, valeur normalement mesurée par GSM. L'idée est donc de réaliser des observations simultanées du bord lunaire avec le DIMM, et d'une étoile brillante proche de la Lune avec GSM. Les étoiles brillantes ne sont guère légion actuellement sur la trajectoire de la Lune (l'écliptique), sachant que celle-ci n'est visible que 2 semaines par mois. Les deux candidats sont Spica (alpha Vierge) et Antarès (alpha Scorpion). La Lune est passée à proximité de ces étoiles le week-end de Paques. J'ai fait quelques images du bord lunaire Samedi soir, mais suite aux dégâts port-tempète, je n'ai pas été prêt pour les observations simultanées avant Lundi. ![]() Pâques Ce fut une semaine sainte et un week-end pascal très particuliers pour chacun d'entre nous, dans l'isolement de notre base antarctique. Point de messe pascale ni de cloches dans le ciel, mais Loïc nous avait préparé un repas aux chandelles Dimanche soir. Pour l'occasion, certains s'étaient mis sur leur 31, Michele ayant même sorti la cravate. Saumon et crevettes, gigot d'agneau accompagné de beignets de pommes de terre et de haricots verts, deux gâteaux au chocolat noir et au lait. Le tout accompagné de Riesling et de Médoc. Et pour finir un gigantesque oeuf de Pâques. C'est Lucia qui l'a brisé, armée d'un marteau. Par contre il n'y a pas eu la jeune fille dénudée, portant oreilles et queue de lapin, sortant du gâteau en faisant Youpi... mais que font nos instituts ? |
Wind A week dominated by the presence of the wind, with a "storm" Thursday and blasts up to 14 m/s. Omar excited several times that day with Eliseo, to take samples of snow. He told me that the visibility was only 5 m. In the light of his torch, he could just see a wall of flying snow in every direction. The wind is a problem for my experiments, it causes vibrations. Beyond 5 m/s, the Scidar becomes inoperative because the star oscillates and exits from the field of view (there is a small diaphram at the focus). The dimm is the more robust, it works correctly up to a wind speed of 8 m/s. Beyond that, the star moves within the exposure time (10 ms) and the barycenter estimation is biased. So this week I made little measurements ! Breakdowns After the stormy day, I went to count the various breakdowns and technical problems which generally occur. I still wonder why; maybe a kind of malediction. I was not disappointed this time, in fact I never saw such a number of problems at the same time... 3 motors out of order (I have to change the position encoders), 3 electonical controllers which pilots the telescope mount, a power supply for an optical finder (this one is probably not linked to the strom, but I discovered it at the same time), and other tiny things. It will take time to repair all this... I have some spare parts but I will miss some very soon. And it's only April. Damned ! Other damages occured this week, maybe not linked to the wind, but that gives the unpleasant impression that somebody called down a curse upon us (maybe a voodo magus made 10 little dolls of the Concordia winterers, and push needles in... who knows ?): The radio of the summer camp is out of order (Michele seems disappointed about that), the motherboard of Shaun's PC has burnt, and the screen of my laptop has broken down (it was a DELL, it's usually robust, but that's my 3rd DELL screen that breakdowns this year... maybe they are very sensitive to static electricity ? We always get shocks here). Lunar edge I realise from time to time some observations that are not directly linked to the 7 experiences I pilot or look at. Just like the eath shine 3 weeks ago. This time, the deal was to abserve the edge of the Moon with the DIMM telescope. Atmospherical turbulence warps the lunar edge, and the analysis of the distorsions gives access to turbulence parameters suche as the ouer scale, a parameter usually measured by GSM. The idea was to compare the values from GSM and from the lunar edge analysis, making simultaneous observations. For GSM we had to choose a bright star close to the Moon. There are not too many bright stars on the Moon trajectory, and the Moon is only visible 2 weeks a month. The best candidates were Spica (alpha Virgo) and Antares (alpha Scorpii). The Moon crossed these stars during the week-end of Easter. I made some lunar limb images on Saturday evening, but was not ready for the simultaneous observations with GSM because of the breakdowns after the storm. Probably Monday. Easter It was a very special holy week and Easter week-end for everyone of us, in the isolation of our Antarctic base. No mass for Easter, no bells in the sky. But Loïc prepared us a candlelit meal on Sunday evening. For the occasion, some came well dressed, Michele even put a tie. Salmon and prawns, leg of lamb with potato fritters and green beans, two chocolate cakes. To drink, white Alsace wine (Riesling) and red wine from the Médoc. And to finish, a huge chocolate egg. It's Lucia who broke it up with a hammer. Unfortunately there was no unclothed girl inside, wearing ears and tail of rabbit, jumping from the egg saying Yippee... what are our institutes doing ?
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3
- 9 Avril |
April 3 - 9 |
| Centrale
du camp d'été Cette semaine Shaun et Miguel ont démarré la centrale du camp d'été. Il s'agissait d'un test ; le camp d'été est notre refuge, par exemple en cas d'incendie de la base. Situé à environ 300 mètres des tours, il offre des locaux habitables, chambres salle à manger, toilettes, et est équipé d'une salle de radio et d'antennes. C'est là qu'on vivait lors des précédentes campagnes d'été, c'est toujours là que vivent, en été, les campagnards d'été. Pour faciliter la remise en route de la centrale, des radiateurs électriques avaient été placés dans le local pour maintenir les machines en température. Mais tout avait disjoncté, il a fallu deux jours à nos camarades pour remettre le groupe électrogène en fonctionnement. GSM et Microthermes : Premiers succès Deux de mes expériences d'astronomie ont commencé à produire des résultats cette semaine. GSM, qui utilise deux télescopes jumeaux observant simultanément la même étoile, mesure maintenant l'échelle externe de turbulence optique. La connaissance de ce paramètre, un des chiffres qui caractérisent la turbulence, est particulièrement utile pour optimiser les observations avec des télescopes de très grand diamètre (au delà de 10 m). L'autre expérience qui semble commencer à fonctionner est celle qui est basée sur les capteurs microthermiques installés sur la tour de 30 m. Certains capteurs défectueux ont été remplacés, les autres ont été déneigés au sèche-cheveux. Nous commençons à obtenir des valeurs de turbulence de surface (les premiers 30 m au dessus du sol). Ces mesures sont particulièrement importantes ici, où près de 90% de la turbulence optique se concentre, en hiver, dans une couche de 30 à 40 mètres au dessus du sol. Froid et optique Avec la nuit tombée, c'est le moment de commencer l'exploitation de l'expérience Corona, dont le but est de détecter des compagnons faibles autour d'étoiles bien plus lumineuses. Corona a fonctionné fin Février pour contrôler que tout allait bien depuis la campagne d'été, et était en sommeil depuis. Mais depuis, les températures ont chuté pour atteindre des valeurs autour de -65° dans la nuit. Nos télescopes sont mécaniquement prévus pour fonctionner dans de telles conditions. Mais l'optique souffre, et le télescope de Corona est le seul dont nous utilisons la pleine ouverture pour faire des images (le DIMM et les 2 GSM sont diaphragmés à de petites ouvertures de 6 cm de diamètre, le SSS travaille en image défocalisée (image de pupille)). Les dernières images obtenues avec Corona ont montré d'importantes aberrations optiques conduisant à des images de forme triangulaire et très empâtées, comme le montre l'image ci-dessous (le diamètre de l'image devrait être de l'ordre de 1 à 2 arcsec, il est plutôt de 15 arcsec). Ces aberrations sont causées par des tensions sur l'un des deux miroirs du télescope (ou les deux). Il est probable qu'avec le froid, les pièces mécaniques qui supportent l'optique se sont rétractées, modifiant très légèrement la surface des miroirs. Et l'optique astronomique ne tolère pas de défauts plus grands que le dixième de micron environ. |
Summer
camp power plant This week, Shaun and Miguel started the power plant of the summer camp. It was to check if everything was OK. The summer camp is indeed our refuge in case of problem in the base, for example a fire that would destroy the towers or make them inhabitable. Located 300 m East from the towers, it is equipped with rooms, kitchen, toilets, and there is a radio station with antennas. It's the place were we lived during the past summer campaigns. It is still used to host the people coming to work in the summer To make easier the starting procedure of the power plant, electric heaters had been placed in the room to maintain the machines at a reasonable temperature. But everything short-circuited, and it took two days to put the power plant back in function.
GSM and microthermals : first success Two of my astronomical experiments started to produce results this week. GSM, using twin telescopes observing simultaneously the same star, is now giving values for the outer scale of optical turbulence. The knowledge of this parameter is particularly useful to optimize the observations with extremely large telescopes (diameter above 10 m). The other experiment which seems to begin to work is the one based upon microthermal sensors, placed on the 30 m high tower. Some defective sensors were changed, the other were deiced with the heat gun. We begin to obtain values for the turbulence in the surface layer. These measurements are critical here : 90% of the optical turbulence contrentrates, in winter, in a 30 to 40 m high layer above the snow surface. Cold and optics With the beginning of the night, the time has come to start the operation of the Corona experiment. Corona aims at detecting faint companions around brighter stars. I started it at the end of February to check if everything was OK since the summer campaign. Then it was left idle, waiting for the night. But since this time, temperatures dropped down to values around -65°C in the night. Our telescopes are mechanically designed to work in these conditions. But the optics suffers. The telescope of Corona is indeed the only one used to make images with the full aperture (DIMM and GSM have 6 cm diameter pupil mask, and SSS is used in pupil imaging mode (defocused image)). Last images obtained on the star Sirius presented important aberrations, exhibiting a triangular shape as shown on the picture on the left (whose diameter is about 15 arcsec, while it should be 1-2 arcsec). These aberrations are caused by tensions on the telescope mirrors. With this cold, the mechanical mounts of these mirrors tend to retract and deform the mirrors shape. And it is well known that the astronomical optics does not like defects larger than one tenth of micron... |
27
Mars
- 2 Avril |
March 27 - April 2 |
| Nuit noire Elle a officiellement commencé Mardi 28 avec la fin du crépuscule astronomique, lorsque le Soleil a franchi la barre des 18° sous l'horizon. A minuit ce jour là, il n'y avait plus la traditionnelle bande de lumière crépusculaire à l'horizon Sud. C'était noir et l'on y voyait quelques étoiles des constellations de la Baleine et du Verseau. Pour l'occasion, j'ai tenté ma première astrophotographie, à l'aide de mon fidèle Nikon D70s équipé d'un objectif de 20mm diaphragmé à f/4. L'ensemble était fixé en parallèle sur la monture du C14 de Corona. C'était aussi l'occasion de tester les performances de l'appareil dans le froid. Il faisait -64°. J'ai fait des poses de 2 à 10 minutes, et j'ai pu constater que l'appareil tient sans problème une pose de 10 minutes dans ce froid. Il n'avait aucune protection ni chauffage. Par contre au bout de 10 minutes, il est un peu fatigué, l'écran d'affichage des paramètres est muet (l'affichage revient au bout de quelques instants au chaud). Après un changement de batterie (préférable après une pose de 10 mn), l'appareil est prêt à affronter de nouveau le froid. La photo (ci-dessous) représente les nuages de Magellan (deux petites galaxies satellites de la notre), quasiment au zénith. Pose de 10mn, sensibilité 400 ISO. Un petit problème de soustraction de dark en haut à gauche (une image prise dans le noir avec le même temps de pose et si possible la même température). Electrification de la Tour Les capteurs microthermiques, installés sur la mât de 30 mètres de haut, me donnent du fil à retordre. En quelques jours seulement ils se recouvrent d'une gangue de neige qui altère les mesures. Shaun est monté plusieurs fois secouer cette neige, mais elle ne part jamais complètement comme le montre la photo ci-dessous. Du coup il faut une solution plus efficace pour faire partir cette neige, comme souffler de l'air chaud. Avec Shaun, nous avons tiré un cable électrique allant jusqu'au sommet de la tour, avec 4 dérivations pour nos 4 hauteurs de capteurs, et une prise 220 V à chaque niveau. On peut ainsi monter avec un sèche-cheveux, le brancher et faire fondre la neige accumulée sur les capteurs. Nous avons essayé Samedi, ça à l'air relativement efficace. Le problème est qu'il faut faire ça régulièrement, genre toutes les semaines. Le skidoo qui nous amène à la tour, distante d'environ 1 kilomètre, a du mal à démarrer par ces températures de -60° ; une fois arrivés à la tour, ll faut qu'une personne le fasse tourner, s'offrant une ballade dans le voisinage, pour ne pas que le moteur s'arrète... Apéritif du 1er Avril Toasts au saumon et crevette, pizza et saucisses pimentées. Le 1er Avril tombait un Samedi cette année, nous en avons profité pour faire un apéritif. Pour agrémenter cet apéritif, nous avons été chercher un morceau de carotte de glace provenant du forage Epica (ce forage a duré plusieurs années, le socle rocheux du continent ayant été atteint l'an dernier à une profondeur de l'ordre de 3200 m). Le morceau de carotte que nous avons pris a été prélevé à une profondeur de 2400 m, cette glace a probablement 500000 ans d'age. Nous l'avons brisée en petits morceaux pour en faire des glaçons pour le whisky. Tchin, tchin ! Plus tard dans la soirée, nous avons eu la délicieuse surprise de trouver nos fenètres de chambre ouvertes, avec une température extérieure de -60°... une petite blague bon enfant pour un poisson d'Avril... on dort bien dans le froid, emmitouflé dans la couette avec une cagoule en polaire pour couvrir la tête ! |
Dark night The astronomical night officially begun on Tuesday 26th, when the Sun crossed for the first time the level of -18° below the horizon. At midnight there was no more the usual area of twilight at the South horizon. It was black, and one could see some some stars from the constellations of Cetus and Aquarius. For this occasion, I tempted my first astrophotography, using my Nikon D70s equiped with a 20mm f/4 lens. The camera was fixed to the mount of Corona. It was an occasion to test the performances of the camera in the cold. It was -64°C. I took some shots with exposures varying from 2 to 10 minutes, and I could notice that the camera comes through a 10 mn exposure without problem in this cold. That's good news. Even though it was a little... tired after these 10 minutes: the LCD screen was no more indicating the traditionnal informations (number of available photos, exposure time, white balance, etc...). But it comes to life again after a little stay in the warm. After a battery change (preferable after 10 minutes in the cold), the camera is ready for another shot. The photo (on the left) shows the Magellanic clouds (two smal galaxies, satellites of ours), they were almost at zenith. Exposure time 10 mn, sensitivity 400 ISO. Notice a small problem of dark correction in the upper left corner (the dark is a shot taken in the obscurity, with the same exposure time (and same temperature), it is substracted to the photo). Electrification of the Tower The microthermal sensors placed on the 30 m high tower give me trouble. In a few days they become surrounded by a cocoon of snow which spoils the measurements. Several times, Shaun climbed on the tower to shake the sensors, but this only remove part of the accumulated ice (see photo on the left). Hence we needed a more efficient solution, such as blowing hot hair on the sensors. With Shaun, we sat up an electric cable up to the top of the tower, with 4 derivations for our 4 sensor levels, and a 220 V plug at each level. We can then climb with a hair dryer to melt the snow. We succesfully tried this on Saturday. The problem is that this operation is to be done almost every week. The skidoo which we take to go there, 1 km away from the base, has difficulties to start in such temperatures (around -60°C); once arrived at the tower, a person must take it to make a tour in the neighborhood, to prevent the engine for stopping...
Aperitif for the 1st of April Salmon and prawn toast, pizza and spicy sausages: the 1st of April was a Saturday this year. We had a very special aperitif for this occasion. We went to the Epica storage room and took a small ice core (the Epica project was a european collaboration aiming at drilling the ice down to the bedrock of the Antarctic continent. This bedrock was reaeched last year, about 3200 m under the surface). The ice core we choosed was drilled ata depth of 2400 m, this ice was probably something like 500000 years old. We broke it in small pieces to make ice cubes for the whisky. Tchin-tchin ! Later in the night, we had the delightful surprise to find the window of our rooms open, with outside temperature around -60°C... a little funny trickfor an April fool ! One sleeps well in the cold... under the covers and wearing a hat...
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